Faire son deuil de son chien

Ce chagrin est réel, et il n’est pas disproportionné. C’est la première chose à dire, parce que c’est celle qu’on vous refuse souvent. Vous avez perdu quelqu’un qui était là tous les jours, qui structurait vos heures, qui vous attendait. Que ce quelqu’un ait été un chien ne change rien à la place qu’il occupait.

Pourquoi c’est parfois plus dur qu’un deuil humain

Pas parce qu’on l’aimait davantage. Parce que le deuil d’un animal est un deuil non reconnu : il n’y a pas d’obsèques, pas de congé, pas de cartes de condoléances, et souvent quelqu’un pour dire « ce n’était qu’un chien ». On porte donc la peine sans le cadre social qui aide habituellement à la porter.

S’y ajoute, très souvent, la culpabilité : avoir décidé de l’euthanasie, l’avoir décidée trop tôt, trop tard, ne pas avoir vu les signes. Cette culpabilité est presque universelle chez les propriétaires endeuillés. Elle dit l’attachement, pas une faute.

Ce qui aide

  • Un geste concret. Choisir une urne, planter un arbre, encadrer une photo. Le deuil a besoin de quelque chose à faire, pas seulement de quelque chose à ressentir.
  • Écrire. Une lettre, une liste de souvenirs, n’importe quoi. Beaucoup de gens trouvent que ça débloque ce que la parole ne débloque pas.
  • Parler à quelqu’un qui comprend. Pas nécessairement un proche — souvent quelqu’un qui a vécu la même chose.
  • Garder les repères du quotidien. Les horaires de promenade sont les moments les plus durs des premières semaines. Sortir quand même, autrement, aide plus que de rester.

Ce qui n’aide pas

Tout jeter le lendemain. Le panier, la gamelle, les jouets : rien ne presse. Rangez-les si les voir est trop dur, mais ne décidez rien d’irréversible dans les premières semaines.

Reprendre un chien tout de suite pour combler le vide. Ça marche parfois. Ça se retourne souvent — l’animal suivant est comparé, et il ne peut pas gagner. Reprenez un chien quand vous voulez ce chien-là, pas quand vous voulez que ça s’arrête.

Se fixer un délai. Il n’y a pas de durée normale. Quelques semaines pour certains, plus d’un an pour d’autres, et ça revient par vagues longtemps après.

Quand demander de l’aide

Si après plusieurs semaines vous ne dormez plus, ne mangez plus, ne travaillez plus, ou si l’idée de disparaître vous traverse : ce n’est plus du chagrin ordinaire, et ça se soigne. Parlez-en à votre médecin.

Deux écoutes gratuites existent :

  • Croix-Rouge Écoute — 0 800 858 858, gratuit, du lundi au vendredi de 10 h à 22 h. Écoute psychologique généraliste.
  • Entraide Anima-Deuil (soutiendeuilanimal.org), association spécialisée dans le deuil animalier : écoute téléphonique, entretiens individuels et groupes de parole.

Si des enfants sont concernés, la façon de leur en parler compte beaucoup : comment l’annoncer à un enfant.

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